Nuit de jour

 

Manifestation du 1er mai à Paris : interdiction manu militari par la police de laisser le cortège accéder à la place de la Nation, en coupant et bloquant le cortège, au prétexte d’isoler les casseurs. Entraver l’appropriation de la rue par le peuple un premier mai, c’est une tentative qui s’apparente à d’autres comme la légalisation du travail le dimanche: une tentative de destruction au-delà de celle de biens matériels puisque qu’il s’agit de symboles de la civilisation humaine, ancienne (le repos dominical) et moderne (la revendication et l’obtention par le peuple d’améliorations de la vie collective). Encore qu’aujourd’hui il ne s’agisse modestement que de protéger cette vie collective.

Les casseurs ? Au début de la manif ils apparaissent, dans leur identité construite en silhouettes qui se veulent terrifiantes, sous des cagoules noires qu’ils remontent pour s’embrasser en riant, contents de se retrouver – visages de gamins imbéciles, parfois attendrissants. Ils vont se mettre en tête de manif pour leur réjouissance rituelle, attendre que se pointent, impeccables dans leur belle panoplie de guerriers, leurs ennemis favoris les Goldoraks.  Bientôt jaillit le slogan « Tout le monde déteste la police ! » Nul doute que bien des gendarmes et CRS pleurent face à cette méchanceté.

 

Ainsi le recul de la manif n’est pas que celui des marcheurs, c’est aussi celui de la parole qui, avec ce slogan, majoritaire en tête de manif, se refuse à ce qui pourrait avoir un sens politique et même à donner un sens à la violence.

 

Bilan : au moins une vie brisé, d’un manifestant énucléé ; des dégradations – en marge des affrontements, et donc présence et actes de la police injustifiables d’un point de vue qui serait préventif ; de la pitié pour les pauvres flics qui semblent n’avoir fait que passer de l’autre côté de la ligne imaginaire de l’interdit. Pitié aussi, mais plus grave, pour les mauvais chefs de l’exécutif.

Car les affrontements dont se repaissent les médias semblent pour ces chefs une bénédiction, et leur but, faire du pays une caricature de cour de récréation turbulente où abdiquent toute velléité de justice, de parole, d’éducation, toute raison même. La pitié et le mépris pour eux est grave car ils sont élus, ces mauvais maîtres responsables de la détresse démocratique. Ils sont mentalement et moralement faibles. Ce sont eux que « tout le monde déteste », et il n’y a pas de quoi s’en réjouir.

 

 

 

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vegetal56 |
Tomentosa |
Jifparrocel17041781 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Laguerredesclansoeildegeai
| Peinturenaivecroate
| Talicha57